Un Coup d’Avance: Élection présidentielle en Autriche

Les résultats de l’élection présidentielle en Autriche, à laquelle concourrait Norbert Hofer, candidat du FPÖ,

partenaire de premier du Front National au niveau européen, sont riches d’enseignement.

D’abord, contrairement à ce qu’ont affirmé les médias, le candidat du FPÖ n’était pas du tout le favori

du scrutin et ses résultats, comme sa progression entre les deux tours, sont absolument inédits. Ceci est si

vrai que les sondages d’avant premier tour le créditaient d’environ 20% des voix (un sondage en janvier le

donnait même à 8% !), quand le candidat « écologiste » Alexander Van der Bellen était lui annoncé entre 25 et

33%. Remise dans cette perspective, la performance historique de Norbert Hofer au premier tour

(35,05%), devant Van der Bellen (21,34%), écrasant au passage les deux représentants des partis au

pouvoir (environ 11% chacun), était déjà exceptionnelle.

Sa progression d’entre-deux tours, pour atteindre les 49,7%, dans une configuration inédite en Autriche avec un

système ligué contre lui, l’est tout autant. De fait, en dépit d’une victoire manquée à quelques milliers de

voix près, le plafond de verre n’existe plus. Norbert Hofer franchit ainsi, et parfois très largement, le seuil des

50% dans 5 Etats sur les 9 qui composent l’Autriche.

Jamais, de toute son histoire, le FPÖ n’avait atteint de tels scores, ce qui annonce pour lui, comme pour

l’ensemble des mouvements patriotes en Europe, des victoires futures.

Les signaux de défiance vis à vis de l’Union européenne se multiplient en effet à travers tout le continent.

Que ce soit les performances électorales du Front National en France et des autres partis eurosceptiques en

Europe, la victoire du « non » au référendum néerlandais sur l’accord UE-Ukraine, les débats sur l’euro partout

en Europe (sauf en France), les sondages sur les référendums de sortie de l’UE, le référendum sur le Brexit du

23 juin prochain au Royaume-Uni, etc.

De toute évidence, l’Union européenne, qui va de crise en crise, ne tient plus que par la force du conservatisme

et des coalitions de partis qui se forment pour la maintenir en vie, au mépris très souvent de la Démocratie (cf

les référendums piétinés en France ou en Grèce). Il n’y a plus de soutien populaire à l’Union européenne :

projet politique supranational qui n’a respecté aucune de ses promesses et qui expose aujourd’hui les peuples à

de graves menaces, aussi bien économiques, sociales qu’identitaires.